AMIR DACHRAOUI

AMIR DACHRAOUI FABRICANT DE GOBELETS EN CARTON À FOUSSANA UN PROJET ET DÉJÀ UNE ENVIE D’EXTENSION Il a 34 ans et un projet : Royal Cup. Un fabricant de gobelets à Foussana. Et son parcours ressemble à celui de bien d’autres de son âge. Un diplôme de technicien supérieur. Un emploi dans une entreprise pour […]

AMIR DACHRAOUI

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AMIR DACHRAOUI

FABRICANT DE GOBELETS EN CARTON À FOUSSANA

UN PROJET ET DÉJÀ UNE ENVIE D’EXTENSION

Il a 34 ans et un projet : Royal Cup. Un fabricant de gobelets à Foussana. Et son parcours ressemble à celui de bien d’autres de son âge. Un diplôme de technicien supérieur. Un emploi dans une entreprise pour acquérir une solide expérience. La rencontre avec « Thniti by CONECT et QFF ». Et un projet qui tient la route.

Foussana, une ville à une vingtaine de kilomètres de Kasserine (345 kilomètres au sud-ouest de Tunis). La ville accueille peu d’établisse­ments industriels : quelques ateliers de confection et une usine fabriquant des produits en plastique.

Un maigre patrimoine industriel auquel il faut ajouter désormais un atelier de fabrication de gobelets en carton. Une machine pour l’instant installée dans 170 mètres carrés. Un projet né de la volonté d’un jeune, aujourd’hui âgé de 34 ans : Amir Dachraoui. Son parcours ressemble beaucoup en cela à celui de jeunes Tuni­siens qui ont cru en leur bonne étoile et sont animés par cette ambition d’aller de l’avant en devenant leur propre pa­tron. Avec un début de carrière fait d’un cursus à l’Institut supérieur des Etudes technologiques de Sousse. Un diplôme de technicien supérieur en maintenance industrielle suivi d’un emploi dans une entreprise de fabrication de sacs en plas­tique. Un emploi qui lui assure une solide formation et une solide expérience.

L’HEURE AUX PRODUITS BIODEGRADABLES

Amir Dachraoui se comporte, à cet égard, comme tous ceux qui sont habités par l’idée de voler un beau jour de leurs propres ailes. Il veut tout découvrir : il est toujours fidèle au poste, ne refuse aucune tâche, observe attentivement, accom­pagne son observation de maintes in­terrogations, avale des manuels et autres prospectus, pose des questions, demande conseil… Enfin, l’attitude des gagnants. Trois années après avoir décroché son emploi, il pense qu’il est temps de lancer son projet. Il choisit cependant la branche des produits en carton. Avec une convic­tion : l’heure est aux produits biodégra­dables. Le plastique, pense-t-il, a bel et bien fait son heure. Il se lance dans une étude de marché consistant à procéder à la fabrication de gobelets en carton. Avec pour cible tous ceux qui peuvent en faire usage dans le secteur de l’alimentaire. D’autant qu’il n’a pas de concurrent à Kasserine et bien au-delà. Il s’adresse, fin 2016, au « Guichet unique », comme il dit si bien « où il trouve de l’aide ». A l’Office de développement du Centre-Ouest, il rencontre son coach Rafik Guesmi. Qui l’oriente et lui fournit conseil. «Thniti », un programme mis en œuvre par la CONECT (Confédération nationale des entreprises citoyennes de Tunisie) et QFF (Qatar Friendship Fund) qui est du reste là avec son arsenal d’outils pour venir en aide aux promoteurs. Il s’y engouffre et réussit à aller de l’avant.

UNE OMBRE AU TABLEAU

Pour le financement, il va voir du côté de la Banque tunisienne de solidarité (BTS) et du QFF qui lui prêtent également main forte. Et la machine qui va servir à fa­briquer ses gobelets arrive et avec elle le démarrage de son projet en mai 2017 : Royal Cup Les gobelets sont fabriqués à partir d’une matière fournie en mode semi-fini. Qu’il acquiert à Nabeul. Amir Dachraoui entame avec son projet une distribution de ses gobelets de 18 cl au­près de grossistes et d’autres revendeurs qui font le tour des villes et villages de la région. Et bien au-delà : à Kairouan, Gafsa, Sidi Bouzid, Sfax, Tunis,… Mais voilà que l’envie prend Amir Dachraoui d’opérer une extension. Histoire de varier sa production et de s’adresser à une nou­velle clientèle. « Pourquoi pas des sacs en carton que l’on retrouve dans beaucoup de magasins », prévoit-il. Il ne pour­ra cependant le faire que dans quelque temps : « pas avant dix- huit mois après le démarrage du projet ».

Les affaires ne vont pas mal. Même s’il y a une ombre au tableau : la dégringolade du dinar. Il explique : « Je n’ai pas tou­jours le fonds de roulement nécessaire à l’acquisition de la matière première qui s’achète en euro ». Mais ce n’est pas pour ça qu’il va abandonner son projet. Bien au contraire, il estime que, par les temps qui courent, rien ne lui va mieux que de persévérer sur la voie qu’il s’est choisie. « C’est bien mieux que d’avoir un statut de fonctionnaire », lance-t-il, sans se départir de son sourire.